Sommaire

Note de mise à jour — Septembre 2026
Cet article date de 2011 et a été revu en 2020. La physique qu’il expose — ponts thermiques constructifs et géométriques, condensation superficielle, développement de moisissures, dégradation des matériaux — n’a pas bougé d’un iota. Le cadre normatif et réglementaire qui l’entoure, en revanche, s’est considérablement structuré.
En Wallonie, la réglementation PEB encadre désormais ces points faibles au travers de la notion de nœud constructif : le concepteur doit soit respecter des détails reconnus conformes, soit démontrer la performance par calcul, selon les options A, B ou C. Les détails de référence sont publiés par Buildwise et la prise en compte des nœuds dans le calcul PEB est encadrée par le SPW Énergie.
Les calculs s’appuient aujourd’hui sur la norme NBN EN ISO 10211:2017 pour la modélisation numérique détaillée des flux et des températures superficielles, et sur la NBN EN ISO 14683:2017 pour les méthodes simplifiées et les valeurs par défaut du coefficient linéique ψ. Le critère de température superficielle, simplement évoqué ici, est devenu un critère de conception explicite.
Enfin, la refonte de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (UE) 2024/1275, à transposer pour le 29 mai 2026, généralise le standard « bâtiment zéro émission » (2028 pour le parc public, 2030 pour le neuf). Or, plus l’enveloppe est isolée, plus la part relative des nœuds constructifs dans les déperditions augmente : l’avertissement formulé en 2011 est aujourd’hui largement confirmé par la pratique. Les études d’isothermes présentées restent d’excellents supports pédagogiques ; c’est le niveau d’exigence qui a changé.
Sources : SPW Énergie — Nœuds constructifs — Buildwise — NBN EN ISO 10211:2017 — Buildwise — NBN EN ISO 14683:2017 — Directive (UE) 2024/1275 (refonte EPBD)
Généralités
Les ponts thermiques sont des points faibles dans l’isolation thermique de l’enveloppe du bâtiment.
À ces endroits, en hiver, la température superficielle de l’enveloppe est plus basse que celle des surfaces environnantes.
Ils découlent, en général de :
- Contraintes constructives
- Contraintes géométriques
Ils vont provoquer :
- Des dépenses énergétiques
- Un inconfort sur le plan de l’hygiène
- La détérioration des matériaux
Pont thermique dû à des contraintes constructives
Les matériaux isolants ont généralement des capacités limitées en matière de résistance aux contraintes mécaniques.
Le principe de la continuité de la couche isolante n’a pas été respecté, ou n’a pu l’être dans certains cas, à certains endroits.

Il s’agit par exemple d’ancrages ou d’appuis entre d’éléments situés de part et d’autre de la couche isolante de la paroi.
L’isolant étant localement absent, le flux de chaleur est sensiblement plus dense dans ces parties de la paroi.
Pont thermique dû à des contraintes géométriques
Ce type de pont thermique est dû à la forme de l’enveloppe à un endroit.
A cet endroit, la surface de la face extérieure est beaucoup plus grande que la surface de la face intérieure.
La surface chauffée (intérieure) est plus petite que la surface de refroidissement (extérieure).

Dépenses énergétiques provoquées par les ponts thermiques
Dans le cas d’un bâtiment bien isolé, les ponts thermiques peuvent entraîner des déperditions de chaleur proportionnellement très importantes par rapport aux déperditions totales.
En outre, si on ne tient pas compte des déperditions dues aux ponts thermiques, l’installation de chauffage peut être sous-dimensionnée.
C’est surtout le cas lorsque le bâtiment est très bien isolé et lorsque les installations de chauffage sont dimensionnées de façon optimale.
Inconfort sur le plan de l’hygiène provoqué par les ponts thermiques
Les ponts thermiques provoquent une condensation en surface lorsque la température de celle-ci descend en dessous du point de rosée de l’air ambiant.
L’humidité de la paroi permet le développement de moisissures.
Celles-ci, outre leur aspect désagréable, dégagent des substances pouvant être odorantes et pouvant provoquer chez certaines personnes des phénomènes d’allergie.
Du point de vue hygiénique et confort les moisissures doivent donc être évitées.
Détérioration des matériaux provoquée par les ponts thermiques
Lorsque les quantités d’eau condensées sont importantes et ne peuvent être éliminées quotidiennement, elles pénètrent les revêtements et papiers peints, et provoquent leur détérioration.
Les carrelages, les revêtements plastiques, les peintures synthétiques à l’huile résistent mieux au détériorations.
Lorsque la condensation se fait dans le bois, celui-ci va pourrir plus ou moins vite en fonction de son essence et du traitement de protection dont il a bénéficié.
Si la condensation est importante, toute l’épaisseur de la paroi peut être fortement humide. La structure porteuse de la construction elle-même se dégrade sous l’effet de l’humidité permanente et éventuellement aussi du gel des matériaux.
Analyse des effets des ponts thermiques sur les flux de chaleur au travers d’une paroi
Isolation par l’extérieur d’un mur avec descente d’eau pluviale
Situation
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Situation n°1 |
Situation °2 |
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L’architecte refuse de déplacer la descente d’eau pluviale; l’isolation extérieure y est interrompue. |
La descente d’eaux pluviales est déplacée, l’isolation extérieure est continue. |
Dessin des isothermes
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Situation n°1 |
Situation n°2 |
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Les températures de paroi intérieures sont d’environ 15°C. |
Les températures de paroi intérieures sont plus élevées : environ 17°C. |
Ligne de flux de chaleur
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Situation n°1 |
Situation n°2 |
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La chaleur s’échappe de manière importante par la discontinuité dans l’isolant. |
La chaleur s’échappe de manière relativement identique par toutes les parties du mur. |
Isolation par l’extérieur – Pourtour de baie vitrée
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Situation n°1 |
Situation n°2 |
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L’isolant n’est pas prolongé à l’intérieur de la baie. |
L’isolant est prolongé à l’intérieur de la baie. |
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Situation n°1 |
Situation n°2 |
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Les températures de paroi intérieures sont d’environ 16°C. |
Les températures de paroi intérieures sont plus élevées : environ 18°C. |
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Situation n°1 |
Situation n°2 |
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La chaleur s’échappe de manière importante par le retour de baie non isolé. |
La chaleur s’échappe de manière relativement identique par toutes les parties du mur. |












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aout 2011
fusion des pages généralités (id 10255) et Analyse des effets des ponts thermiques …(ID 10405) – Sylvie