Qu’est-ce qu’un réseau de chaleur basse température ?
Cette réduction de la température de fonctionnement offre des avantages considérables :
Les pertes de chaleur le long des canalisations sont drastiquement réduites, ce qui améliore significativement le rendement global du système. De plus, ces réseaux sont parfaitement adaptés aux bâtiments neufs, très bien isolés et équipés d’émetteurs de chaleur à basse température comme le chauffage par le sol.
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Génération
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Température
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Sources d’énergie
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Avantages clés
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1ère
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> 200°C (vapeur)
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Charbon, pétrole
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Historique
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2ème
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> 100°C
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Charbon, gaz
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Centralisation
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3ème
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< 100°C
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Gaz, biomasse, chaleur fatale
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Meilleure efficacité
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4ème
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< 70°C
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Renouvelables, récupération
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Pertes réduites, flexibilité
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5ème
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~ Ambiante (<20°C)
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Toutes sources, échanges thermiques
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Bidirectionnel (chaud/froid)
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Un écosystème énergétique vertueux pour les nouveaux quartiers
Les réseaux de chaleur basse température sont le chaînon manquant pour créer des écosystèmes énergétiques locaux et durables. Ils permettent de valoriser une multitude de sources de chaleur locales, souvent diffuses et à basse température, qui seraient autrement perdues ou inexploitables à l’échelle d’un seul bâtiment.
Parmi ces sources, on retrouve :
• La géothermie : en exploitant la chaleur constante du sous-sol, que ce soit en surface ou en profondeur.
• L’aquathermie : en récupérant la chaleur des cours d’eau.
Dans ces systèmes, des pompes à chaleur (PAC) décentralisées, installées dans les sous-stations des bâtiments, peuvent jouer un rôle clé pour rehausser la température au niveau exact requis par l’utilisateur, avec une efficacité énergétique maximale.
La Wallonie sur la bonne voie, des défis à relever
Avec des projets emblématiques comme le réseau de grande ampleur de Herstal, qui valorise la chaleur de l’incinérateur local pour alimenter l’équivalent de plusieurs milliers de logements, la Wallonie démontre la faisabilité de ces infrastructures . Le projet coopératif de Malempré, porté par les citoyens, illustre quant à lui la pertinence de ces solutions en milieu rural.
Cependant, le déploiement à grande échelle se heurte encore à des défis de taille. Le coût d’investissement initial, estimé à environ un million d’euros par kilomètre de conduite, et la nécessité d’une densité de demande suffisante pour assurer la rentabilité, sont des freins importants .
Pour accélérer le développement, la Wallonie peut s’inspirer de modèles européens comme le Danemark, pionnier de la planification énergétique, ou Vienne, qui a mis en place une stratégie de zonage ambitieuse pour sortir du gaz en combinant réseaux centralisés, réseaux locaux et solutions décentralisées .
Conclusion
Les réseaux de chaleur basse température ne sont pas une solution miracle, mais ils constituent un levier essentiel et éprouvé pour la décarbonation des nouveaux quartiers en Wallonie. En mutualisant la production et en valorisant les ressources énergétiques locales, ils offrent une alternative durable, résiliente et économiquement viable aux systèmes de chauffage fossiles individuels. Pour concrétiser leur immense potentiel, une planification territoriale ambitieuse, un cadre réglementaire clair et des modèles de financement innovants, alliant investissements publics et privés, seront indispensables.