Cadastre énergétique des bâtiments du CBTJ

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Cadastre énergétique des bâtiments du CBTJ

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Préambule : le cadastre énergétique des bâtiments à l’ère numérique

Cet article, initialement publié au début des années 2000, présente une démarche pionnière de cadastre énergétique appliquée au patrimoine immobilier du Centre Belge du Tourisme des Jeunes (CBTJ). Près de deux décennies plus tard, cette étude de cas reste pertinente dans ses principes fondamentaux, tout en s’inscrivant désormais dans un contexte technologique et réglementaire qui a considérablement évolué.
La méthodologie décrite dans cet article, basée sur la collecte manuelle de données, l’analyse des factures et l’établissement d’indices de performance, a ouvert la voie à des approches aujourd’hui beaucoup plus sophistiquées. L’avènement des technologies numériques a profondément transformé la réalisation et le suivi des cadastres énergétiques, avec le déploiement de capteurs connectés, de compteurs intelligents et de plateformes de gestion énergétique permettant un monitoring en temps réel des consommations.
L’intelligence artificielle et l’analyse prédictive constituent désormais des outils incontournables pour optimiser la performance énergétique des bâtiments. Les algorithmes permettent d’anticiper les consommations, de détecter précocement les anomalies et d’ajuster automatiquement les paramètres de fonctionnement des systèmes. Le concept de « jumeau numérique », réplique virtuelle d’un bâtiment intégrant l’ensemble de ses caractéristiques techniques et énergétiques, offre aujourd’hui la possibilité de simuler différents scénarios d’amélioration avec une précision remarquable.
Sur le plan méthodologique, l’approche s’est considérablement enrichie, passant d’une évaluation essentiellement centrée sur la consommation énergétique à une analyse multicritère intégrant des paramètres environnementaux (émissions de CO₂, analyse du cycle de vie), sociaux (confort des occupants) et économiques (coût global). La résilience climatique des bâtiments, c’est-à-dire leur capacité à s’adapter aux événements météorologiques extrêmes, est également devenue un critère d’évaluation majeur.
Le cadre réglementaire a lui aussi connu des évolutions significatives. Le Plan National Énergie Climat (PNEC), mis à jour en 2023, et la Stratégie wallonne de rénovation énergétique fixent des objectifs ambitieux en matière d’efficacité énergétique des bâtiments. Le protocole PLAGE (Plan Local d’Action pour la Gestion Énergétique) impose désormais à certaines organisations la réalisation d’un cadastre énergétique de leur patrimoine, tandis que l’Accord de coalition fédérale 2025-2029 réaffirme l’engagement à développer une politique énergétique rationnelle.
Enfin, la transparence et le partage des données sont devenus des enjeux majeurs. De nombreuses organisations publient aujourd’hui leurs données énergétiques, permettant le benchmarking et l’identification des bonnes pratiques. Les cartographies énergétiques territoriales offrent une visualisation des performances à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’une région, facilitant la planification des interventions et la sensibilisation du public.
À l’heure où la décarbonation du secteur du bâtiment constitue un pilier essentiel de la transition énergétique, le cadastre énergétique s’affirme comme un outil stratégique incontournable. L’expérience pionnière du CBTJ, décrite dans cet article, mérite d’être revisitée à la lumière de ces évolutions, tout en reconnaissant la pertinence toujours actuelle de sa démarche fondamentale : connaître pour agir efficacement.

Les données

Le Centre belge du Tourisme des Jeunes (actuellement Kaleo) gère plus de 20 bâtiments en Ardenne. Elle souhaite établir le cadastre énergétique de son parc afin de mieux définir ses priorités en matière d’investissement.

Avec le soutien de l’Institut de Conseils et d’Études en Développement Durable, le classement suivant est établi. On y retrouve l’indice de qualité énergétique d’un bâtiment E et l’indice pondéré ECaPi. Mais aussi, pour compléter la lecture, des indices plus spécifiques ont été établis : la consommation en litres de mazout ramenés au nombre de nuitées, à la surface chauffée et au nombre de lits.

E ECaPi Cons/nuitée Cons/m² Cons/lit
Wanne 4,77 5,16 5,57 88,0 823,3
Han-sur-Lesse 3,80 2,93 2,52 30,0 237,6
Eupen 1 3,70 2,60 1,84 15,0 182,1
Ovifat 3,11 2,57 2,32 30,3 349,7
Hastière 3,48 2,45 2,26 18,2 264,3
Rochefort 3,31 1,94 3,27 68,9 321,9
Bruly 3,58 1,35 2,33 29,0 270,6
Basseilles 2,08 1,30 1,74 26,0 274,4
Mormont 2,81 1,19 0,74 8,8 92,5
Bastogne 2,80 1,19 1,52 16,9 193,4
Cornimont 2,80 0,99 1,93 25,4 245,3
Arbrefontaine 2,16 0,91 4,95 50,2 421,3
Stavelot 3,40 0,90 4,41 20,6 192,3
Daverdisse 2,86 0,83 1,85 19,6 215,1
Houdemont 2,09 0,74 2,94 33,5 329,7
Chassepierre 2,14 0,62 1,85 24,3 280,2
Lesse 2,62 0,53 1,67 26,5 212,5
Maboge 2,42 0,46 1,10 18,2 189,7
Werbomont 2,28 0,45 1,07 18,5 133,2
La Reid 2,69 0,32 1,42 16,8 176,1
Eupen 2 1,71 0,31 2,25 22,8 318,1
Moyenne 2,89 1,42 3,91 55,4 570,7

On remarquera un indice E de 4,77 à Wanne, alors que cette valeur est impossible. Pas plus que de consommer 88 W/m².

Deux pistes sont possibles : ou les données brutes fournies sont erronées,… ou une partie du mazout facturé ne va pas dans la citerne que l’on pense …

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